jeudi 13 octobre 2016

AIDE AUX PERSONNES AGEES : LES ARBITRAGES POLITIQUES RESTENT INDISPENSABLES

Le Conseil d’Analyse Economique (CAE), instance placée auprès du Premier Ministre, a publié ce jeudi une note sur l’aide aux personnes âgées.

Au-delà d’un simple comparateur de prix tel qu’annoncé par le gouvernement pour la mi-décembre, le CAE préconise d’aller plus loin (correction des faiblesses du système de l’aide à l’autonomie, instauration de normes minimales des effectifs de personnels, évolution du financement, ...).

L’AD-PA soutient toute démarche visant à une meilleure transparence et information. Pour autant, compte tenu de la complexité de la règlementation actuelle, notamment en matière de tarification, elle rejoint l’analyse du CAE.

Une meilleure information n’apporte, en effet, aucune réponse au problème majeur que constitue le prix payé, insupportable en établissement et de plus en plus lourd à domicile, pour les personnes âgées et leurs familles.

L’AD-PA attend donc des pouvoirs publics qu’ils aillent plus loin.

D’une part, en adoptant les arbitrages nécessaires à une réelle diminution du prix payé par les personnes âgées et leurs familles en établissements.

D’autre part, en mettant en œuvre un fonds de l’aide à domicile garantissant un réel financement à la hauteur des coûts de fonctionnement des services.

La solution reste ainsi, comme l'ont fait nos voisins européens, de mettre en place une véritable prestation autonomie. Nicolas Sarkozy et François Hollande l'avaient tous les deux promis sans l'avoir fait. Ce devra donc être un des enjeux majeurs du quinquennat qui s'ouvrira en 2017.

mardi 4 octobre 2016

PRÉ-BILAN DU QUINQUENNAT SUR L’AIDE AUX PERSONNES ÂGÉES

        Ce matin le Président de la République, accompagné de M. TOURAINE et P. BOISTARD, faisait l’analyse des développements de la Loi d’Adaptation de la Société au Vieillissement et présentait ainsi un pré-bilan du quinquennat sur la politique en faveur des aînés.

        • Bien sûr des éléments positifs :
        M. TOURAINE a d’emblée rappelé que le mot « dépendance » est une faute de vocabulaire, constat essentiel aux yeux de l’AD-PA et le Président a indiqué que la semaine bleue devait être la semaine bleu, blanc, rouge. Positif aussi l’augmentation de l’APA à domicile, PAERPA1, le futur crédit d’impôt à domicile, le rappel par le Président et P. BOISTARD de la nécessité d’une société bienveillante et solidaire à l’égard des aînés.

        • Mais un réel malaise :
        Tout d’abord pas un mot sur les millions de personnes concernées pour elles-mêmes ou leurs proches par la vie en établissement, si ce n’est quelques généralités parfois maladroites. Ensuite une insistance sur la vie à domicile le plus longtemps possible qui tourne le dos à des décennies privilégiant le choix de la personne âgée, et mythifie le domicile sans se donner les moyens d’y accompagner suffisamment bien les personnes ni d’y considérer les salariés comme ils le devraient.

        Surtout malaise face aux choix budgétaires arrêtés jusqu’à présent. F. HOLLANDE a su mettre en place un début de financement pour l’aide à l’autonomie à travers la CASA2 ; mais pour n’avoir pas arbitré sur son utilisation, les deux Gouvernements de F. HOLLANDE resteront ceux qui auront le plus détourné à d’autres fins les crédits initialement prévus pour les personnes âgées ; situation d’autant plus insupportable que l’Etat annonce désormais officiellement le détournement des crédits de la CNSA pour financer le RSA et la Sécurité sociale.

        Il reste encore beaucoup de distance entre les paroles et les actes. Les personnes âgées en paient le prix. Les Français le ressentent, ce qui fonde sans doute le malaise qu’ils ressentent à l’égard des hommes et femmes politiques. A eux de rétablir la confiance d’ici mi 2017, notamment en utilisant la CASA à ceux pourquoi elle a été créée.

vendredi 30 septembre 2016

JOURNEE INTERNATIONALE DES PERSONNES AGEES : LUTTER CONTRE L’AGISME

Ce 1er octobre a lieu la Journée internationale des personnes âgées.

A cette occasion, l’ONU rappelle que les droits des personnes âgées sont indissociables des principes qu’elle énonce et que la discrimination envers les personnes âgées (âgisme) est une attitude largement répandue.

La discrimination par l’âge est une discrimination qui doit être combattue selon les textes officiels européens et français, au même titre que le racisme, l’antisémitisme, le sexisme ou l’homophobie.

Le problème de l’âgisme est que cette discrimination est tellement répandue dans l’ensemble de la société, qu’elle n’est pas reconnue comme telle. Il est en effet de bon ton, voire poli, de dire à une personne qu’elle fait plus jeune que son âge comme si pour être accepté un noir devait faire «blanc», un juif devait faire «chrétien», ou une femme être viril !

Faire évoluer le regard de la Société sur le grand âge, favoriser la citoyenneté des personnes âgées, lutter contre l’âgisme, ... sont autant de thèmes sur lesquels l’AD-PA se mobilise depuis de nombreuses années et développera le 21 novembre prochain lors de son colloque national annuel « Le plaisir au travail auprès des personnes âgées dans un contexte âgiste ».

jeudi 29 septembre 2016

RENCONTRE AVEC LES FEDERATIONS DE L’AIDE A DOMICILE : L’ETAT CONFIRME LES DETOURNEMENTS DE CREDITS 

Ce jeudi 29 septembre, les fédérations de l’aide à domicile étaient invitées à une rencontre avec le cabinet de P. BOISTARD afin de faire le point sur la mise en œuvre de la Loi d’adaptation de la société au vieillissement.

L’AD-PA tient à saluer la récente annonce de la Ministre visant à doubler le fonds destiné à soutenir le secteur et l’attention portée par son cabinet aux éléments concrets et pratiques de mise en œuvre de la Loi.

Pour autant, ce « coup de pouce » de 50 millions d’euros montre que l’Etat n’a toujours pas pris la mesure de la crise majeure que connait le secteur de l’aide à domicile.

Pire, ce dernier annonce officiellement allouer 50 millions d’euros issus de la Contribution Additionnelle de Solidarité pour l’Autonomie (CASA) au financement du RSA, alors que celle-ci a été initialement créée pour améliorer l’aide aux personnes âgées.

L’AD-PA a donc redit sa totale opposition à ces manœuvres de détournement répétées et rappelé les mesures urgentes qui s’imposent :
- Utiliser, conformément au vote des parlementaires, l’ensemble des réserves de la CNSA et crédits de la CASA exclusivement à l’aide aux personnes âgées et handicapées
- Créer un réel financement à la hauteur des besoins et attentes des personnes âgées ainsi que des coûts de fonctionnement des services d’aide
- Contrôler les sommes allouées aux départements afin de s’assurer qu’elles bénéficient effectivement aux personnes âgées.

vendredi 2 septembre 2016

BILAN CANICULE 2016 : LES PERSONNES AGEES ENCORE FORTEMENT TOUCHEES

Une récente analyse de l'Institut de Recherche pour la valorisation des données de SANté (IRSAN) vient de révéler une surmortalité de près de 15% chez les personnes âgées de plus de 85 ans au cours de l’épisode caniculaire de cette fin août 2016.

La canicule de 2003 avait été fatale à 15 000 personnes âgées, ce qui avait entraîné une prise de conscience de la population et de la classe politique, même si les effets concrets qui s'en sont suivis sont restés limités.

En 2015, 18 000 personnes étaient décédées dans l'indifférence générale, du fait de l’épidémie de grippe et de la canicule, comme si la surmortalité des anciens était une fatalité contre laquelle on ne peut rien.

L'AD-PA s'inscrit en faux par rapport à cette vision et a maintes fois rappelé la nécessité d’aller plus loin en renforçant prévention, lutte contre l’isolement et accompagnement quotidien des personnes âgées tant à domicile qu’en établissement.

L’investissement que cela nécessite apparait toujours a priori comme une dépense dont on mesure mal les bénéfices. Néanmoins, si le fort engagement dont les professionnels font preuve limite les effets des sous-effectifs en période de crise, il ne peut suffire à lui seul.

La solution reste donc, comme l'ont fait nos voisins européens, de mettre en place une véritable prestation autonomie qui augmenterait le nombre de professionnels au quotidien auprès des personnes âgées en établissement et à domicile.

Nicolas Sarkozy et François Hollande l'avaient tous les deux promis sans l'avoir fait. Ce devra donc être un des enjeux majeurs du quinquennat qui s'ouvrira en 2017.

mardi 23 août 2016

FORTES CHALEURS : L’AD-PA RAPPELLE LES MESURES QUI S’IMPOSENT

Les fortes chaleurs en prévision font penser au drame de la canicule de 2003.

Les liens avec les services météo, plans d’alerte, interventions à tous les niveaux de l’Etat sont autant d’éléments d’amélioration issus de l’expérience de 2003.

Pour autant, ce drame comme celui des 18 000 morts dans l'indifférence générale de 2015, du fait de l'épidémie de grippe et de l’épisode caniculaire, montrent que les choses ont bien peu évolué concernant les retards français en matière d’aide aux personnes âgées.

La question majeure reste celle de l’accompagnement au quotidien de nos aînés tant à domicile qu’en établissement.

L’AD-PA ne peut que redire cette nécessité de prévention quotidienne et rappeler que la solution est donc, comme l'ont fait nos voisins européens, de mettre en place une véritable prestation autonomie.

Nicolas Sarkozy et François Hollande l'avaient tous les deux promis sans l'avoir fait. Ce devra donc être un des enjeux majeurs du quinquennat qui s'ouvrira en 2017.

jeudi 23 juin 2016

COMMUNIQUÉ : TARIFICATION DES ÉTABLISSEMENTS : L'AD-PA ATTEND SOUPLESSE ET SIMPLIFICATION

La troisième réunion de concertation relative à la réforme de la tarification des établissements pour personnes âgées qui s'est déroulée ce 22 juin a permis quelques avancées.

Compte tenu des choix financiers contraints des pouvoirs publics, l'AD-PA avait appelé à une réforme permettant une grande simplification de toutes les procédures.

L'Etat a montré lors de cette réunion avoir pris en compte ces attentes sur certains points (libre affectation des résultats, fongibilité entre sections tarifaires, possibilité de CPOM inter-établissements, simplification du dialogue de gestion, ...). L’AD-PA en est satisfaite.

Pour autant, d'autres mesures du projet de réforme (taux de minoration des forfaits "soin" et "dépendance", seuil d'occupation irréaliste, sanction déséquilibrée en cas de non signature de CPOM, ...) restent encore à travailler.

Aussi, l'AD-PA reste en attente de l'inscription des avancées de ce mercredi dans les projets de décrets et vigilante quant aux mesures d'une rigidité encore excessive par rapport aux nécessités de simplification reconnues par tous.